
Alex Guex
Approches sources



Body-Mind Centering®
Le Body-Mind Centering® est une approche somatique initiée par l'américaine Bonnie Bainbridge Cohen en 1970.
C'est une étude de l'anatomie du corps en mouvement par l'expérience (anatomie expérientielle), et des étapes fondatrice de l'être humain, depuis la période embryonnaire et dans sa première année de vie.
A travers le mouvement et le toucher, le Bmc explore ces étapes de développement qui nous fondent, mais aussi chaques systèmes qui nous constituent (organes, liquides, os, ligaments, muscles, système nerveux, système endocrinien,...). L’exploration fine de chacun de ces systèmes contribuent à guider notre présence , nos impressions, ainsi que nos' expressions.
Ce champ d'exploration s'initie dans la conscience cellulaire, et nous soutient dans notre capacité à sentir ressentir et agir en pleine conscience dans la relation. La boîte à outils du BMC permet de nous amener vers une anatomie éprouvée, de développer notre propre cartographie du corps basé sur notre vécu. Lors de ces explorations, nous cherchons à mieux saisir ce qui initie un mouvement, ce qui le supporte et le rend plus sain .
La notion de soma nous ouvre un champs infini d'expériences à vivre, et d'abord celle d'être un corps , versus avoir un corps. Quand nous parlons du soma, nous quittons le concept d'un corps "machine" ou mécanique". De même, nous n'opposons plus le corps à la psyché ( comme dans l'expression psycho-corporel). L'approche de ce corps-esprit unifié, nous invite à aborder la personne dans sa globalité, en tant que présence biologique , mais aussi en tant que porteur du miracle du vivant. Travailler dans cette perspective , c’est considérer que tout les plans de l'être sont incarnés dans des manifestations biologiques.
"L'esprit est comme le vent , et le corps comme le sable. Si tu veux savoir où souffle le vent, regarde le sable"
Bonnie Bainbridge Cohen
C'est donc ici une démarche soutenant le processus d' incorporation et d'incarnation de chacun. Pour se faire,on s’intéressera à l’anatomie et autres connaissances du corps objectivé, mais on s’assurera toujours de prendre, face au corps vivant, un point de vue à la première personne, au je. Connaître les noms des os et les points d’insertion des muscles, étudier les lois de la physique du mouvement , c’est une chose. Sentir ces phénomènes et ressentir en soi les mouvements internes, c’est tout autre chose. Nous passons de la conscience/connaissance de son corps à la conscience depuis le corps lui-même, en tant qu'expérience directe. D’un point de vue somatique, la conscience elle-même est considérée comme une caractéristique du vivant. Par exemple, une cellule a conscience d'elle même. En fait, depuis la tendre enfance, nous apprenons à rouler, sauter, marcher, monter à vélo, sans jamais savoir que nous avons des muscles ni comment fonctionne notre sang! D’où l’importance d’une pédagogie qui s’appuie sur notre expérience avant tout. "A travers son corps, sa proprioception , son expérience du toucher et du mouvement, l'enfant développe un sens de lui-même et de son environnement, socle de tout son développement futur" (Anne Expert).
En éducation somatique, on replace toujours le corps vivant dans son contexte qui est relationnel: le temps, l'espace, la terre, la gravité, les nourriture , d’autres humains, d’autres espèces. La reconnaissance de l’importance de l’environnement permet de dépasser une vision centrée sur un soi qui serait "coupé" . L’éducation somatique s’intéresse donc à « l’incorporation » en tant que support pour l’action dans un monde lui aussi vivant, un monde en continuité et dialogue réciproque avec le vivant en nous. Une reliance se met en lumière. une intelligence collective à l’œuvre, entre micro et macro, l'individu et collectif, fonctionnel et spirituel.
Le toucher haptique
L'haptonomie est une science humaine, qui nous amène à redécouvrir des facultés innées chez l'être humain, ouvrant à une présence et à un toucher affectif que l'on qualifie de « présence psycho tactile ». Le mot Hapto est constitué à partir du grec ancien : Haptein : je touche, je réunis, j’établis une relation, je rends sain, Hapsis : le tact, le sentiment, le sens. Les grecs anciens établissaient une subtile différence entre un toucher pragmatique et « l’hapsis », toucher affectif, sécurisant, unifiant et instaurant une relation.
L'haptonomie a été découverte et modélisée par Franz Veldman qui la nomme « Science de l'Affectivité ». Il s’agit avant tout de découvrir et déployer les « facultés haptiques » innées restées en friche du fait de notre éducation et de notre mode de vie :
. Affiner son ressenti.
. Habiter chez soi (= dans son corps) et déployer le sentiment de corporalité animée.
. Découvrir la stabilité physique et psychique par la Sécurité de Base.
. Développer la présence à soi, s’ouvrir à l’autre et au monde.
. Toucher et être touché, ressentir le contact psycho-affectif, psycho-tactile.
Se sensibiliser à la présence relationnelle et spatiale.
. Déployer nos facultés de présence affective.
. Éveiller, par cette présence, notre élan vital, et découvrir ainsi notre sentiment d’être là, en nous ouvrant à l’autre et au monde.
Contact Improvisation Somatique
Alors que certains désirent augmenter la notoriété du CI, je souhaite depuis toujours plutôt me mettre au service de la qualité qui habite le toucher et le mouvement dans cette pratique. Alors que de plus en plus de gens s'intéressent aux bienfaits communautaires qui émergent du CI, ceci sans n'avoir aucune pratique corporelle en support, il me parait fondamental , aujourd'hui plus qu'avant, d'impliquer le somatique au cœur du CI, afin de cheminer vers une pratique saine, consciente, bienveillante, et de moindre formatage. Il me parait tout aussi important de travailler à ne pas séparer le corps et l'esprit, reliant les enjeux physiques, relationnels et émotionnels, à faire émerger une pratique intégrative afin d'éviter de s'égarer aux confins du vide d'une gymnastique, du sensuel "glissants" , ou du spirituels "décorporés".
Aborder le contact impro depuis là, c'est l'aborder comme un processus davantage que comme une forme . Les sources somatiques font ancrage au processus d'apprentissage: le chemin devient l'accomplissement.
Mais je n invente rien ici, le BMC et le CI ont une longue amitié à leur actif et ceci depuis leur début. Alors que Nancy faisait paraitre des interviews de Bonnie dans le Contact Quartely (journal du CI), beaucoup d échange ont eu lieu, et la membrane entre ces deux pratiques a toujours été très perméable, les deux mondes se regardant mutuellement avec beaucoup de respect.
De même, de mon point de vue, alors que l'approche somatique du BMC se perd parfois dans des processus très ou trop individués, composé de travail sur soi , le contact impro vient nous dire ici à quel point nous avons aussi besoin de l'autre pour se rencontrer soi honnêtement et évoluer. Le CI amène une dimension supplémentaire : une rencontre dansée dans la terre du toucher et dans l'espace relationnel . L’exigence de chaque rencontre nous invite à entrer dans l'échange : la dynamique relationnelle qui fonde le monde.